Gage de qualité pour un terroir
niché sur trois communes situées en aval de la
Tave, juste avant sa confluence avec la Cèze à
Laudun-L’Ardoise précisément. Un terroir situé à
quelques encablures de Orange sur la rive droite
du Rhône et qui se distingue dans le département
du Gard pour son caractère unique dû à la
sédimentation calcaire qui a persisté dans cette
région sans érosion karstique majeure. Le calcaire,
qui affleure par endroits est ici recouvert
de terres sablonneuses propices à la culture de
la vigne. Le vignoble de Laudun s’étend principalement
sur deux types de sols : d’une part,
les sables du Crétacé supérieur de moyenne
profondeur et, d’autre part, les sols à galets de
terrasses anciennes si courantes dans les Côtes
du Rhône.
De fait, la viticulture est ici très ancienne
comme dans nombre de régions le long du
grand fleuve. Les amphores les plus anciennes
de Laudun ont été retrouvées au Camp de
César, un ancien oppidum romain, dont les
ruines se visitent sur le plateau de Lacau
séparant les vallées de la Cèze et de la Tave.
Depuis le XXe siècle, les vins les plus connus
des Côtes du Rhône sont plutôt les rouges de
la rive gauche, mais il y a quatre siècles, la rive
droite était bien plus renommée pour ses blancs,
appréciés des tables royales de Henri IV et de
Louis XIII. Agronome et ampélographe le plus
connu de cette époque, l’Ardéchois Olivier de
Serres souligne l’excellence de la production de
vins blancs de Laudun dans son traité « Théâtre
d’Agriculture et Mesnage des Champs » ouvrage
de référence dès 1600. Dans le chapitre consacré
à la cuture de la vigne, il souligne que les
vignes ont pu passer sans problème de Grèce
en Italie, puis en France preuve en sont les « …
excellents vins blancs de Coucy, de Laudun,
d’Orléans, d’Anjou, de Beaune... » qui n’auraient
rien à envier aux vins transalpins. Ils doivent leur
fraîcheur et leur acidité, deux éléments indispensables
à leur équilibre à la dégustation, à
l’association du pouvoir drainant du terrain des
sables de Laudun au Mistral hivernal et printanier
qui sèche les vignes.
Les vins de Laudun avaient été classés dès
1947 sous Côtes de Rhône Village. Il a fallu onze
ans d’efforts et de parcours pour aboutir à la
validation du nouveau Cru. L’aire d’appellation
couvre 1154 hectares, dont 584 sont en production.
Une centaine de producteurs, cinq coopératives
et dix-neuf caves privées. Chaque année,
dix-sept mille hectolitres de vin sont embouteillés,
dont 30 % en blanc. Laudun est donc le
cru des Côtes du Rhône dont la production de
blancs est la plus forte en proportion du total.
Pour ceux-ci, les cépages utilisés majoritairement
restent la clairette et le grenache blanc,
associés dans une moindre mesure au viognier,
à la roussanne et au cinsault. En rouge, syrah et
grenache dominent la production, vins rouges
décrits comme souples et fins, alliant la puissance
et la rondeur du grenache au bouquet
floral de la syrah. A une vingtaine de km au nord
du Pont du Gard, la zone de production du Cru
Laudun recèle des escapades pittoresques dans
l’un l’autre des trois villages de production au
charme intact, l’occasion de découvrir les premiers
millésimes de ce dernier né.
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